samedi 28 mars 2020

Commentaire de l'Évangile de ce 5e dimanche de Carême par le Père Constant


               «Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra»

Mes chers frères et sœurs, encore ce dimanche, nous ne pouvons vivre et recevoir l’Eucharistie. Nous savons que depuis quelques mois, notre monde est secoué par la pandémie de coronavirus, une maladie qui nous procure douleurs, souffrances, angoisses, morts et épreuves de tous genres. Il est important d’être attentifs aux cris de nos frères et sœurs. L’Évangile nous invite, en ce dimanche, à nous laisser toucher par les cris du monde et à les présenter au Seigneur dans nos prières. En ce cinquième dimanche de carême, nous méditons le récit de la résurrection de Lazare, un ami de Jésus. L’évangéliste Jean qui nous raconte cet événement, nous présente Jésus un homme sensible à l’extrême, un homme qui pleure, un homme qui exprime toute sa douleur devant la mort d’un ami. Lazare était bien mort. Il était au tombeau depuis quatre jours, il sentait. Jésus le ramène à la vie. Mais cette vie ne sera que temporaire parce que Lazare mourra de nouveau. Dès le début Jésus savait que cette mort de Lazare serait l’occasion d’une grande révélation. Il le dit au début de l’Évangile. «Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié».

Quelle est donc cette grande révélation que Jésus veut faire aux disciples, aux sœurs de Lazare, aux proches qui assistent à cet événement et à nous aujourd’hui qui méditons cette parole de Dieu ? Jésus nous révèle qu’il est la résurrection et la vie. «Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra». En faisant sortir Lazare vivant du tombeau, Jésus accomplit la prophétie d’Ézékiel que nous lisons dans la première lecture de ce dimanche : «Vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez». Jésus réalise ce qui est l’œuvre propre de Dieu : donner la vie à tous ceux qui croient en lui. La résurrection de Lazare, nous dit l’évangéliste Jean, a permis à beaucoup de juifs de croire en Jésus. Elle a permis aussi à Marthe la sœur de Lazare de passer du savoir à la foi. Marthe savait seulement que son frère Lazare ressuscitera à la résurrection au dernier jour. C’est pour cette raison que Jésus invite Marthe à croire en lui. Jésus lui dit :«Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra».

Mes frères et sœurs, la résurrection de Lazare nous invite nous aussi à renouveler notre foi. Quel est l’objet de cette foi ? Jésus dans cet Évangile nous donne une lumière, sur notre vie, sur notre mort et sur notre foi chrétienne. Tout d’abord Jésus nous dit qu’il ne vient pas supprimer la mort. C’est peut-être pour cela que Jésus a attendu que Lazare meurt avant de se rendre à Béthanie. Puis, Jésus nous dit que nous aurons tous à passer par la mort. Et à la fin Jésus nous dit qu’il a le pouvoir de nous sauver de cette mort par laquelle il nous faut passer, et cela en nous ressuscitant. «Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais». En un mot Jésus nous dit que nous tous en tant qu’humains, y compris Jésus, nous devons passer par la mort, mais grâce à Jésus, nous ne serons pas abandonnés à tout jamais dans la mort, nous ressusciterons. «Crois-tu cela ?» dit Jésus à Marthe. Voilà l’objet de notre foi. Frères et sœurs, la question de Jésus à Marthe s’adresse aujourd’hui à chacun d’entre nous. Croyons-nous que Jésus est la résurrection et qu’à notre mort nous vivrons avec lui ?

Notre foi est avant tout une foi en la résurrection de Jésus, une résurrection à laquelle nous sommes appelés nous aussi à participer. Saint Paul, dans sa lettre aux Romains nous dit : «Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous». La promesse du Seigneur n’est pas de nous éviter la mort, mais c’est de nous faire vivre par delà la mort, de la vie éternelle dont nous parle l’Évangile. En ce jour, frères et sœurs, nous faisons nôtre la profession de foi de Marthe : «Je crois, Seigneur, tu es le Fils de Dieu qui vient sauver le monde». Amen.

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